Face à cette neige qui tombe sans relâche, je n'ai plus le cœur à sourire en y voyant un simple « décor hivernal ». Cette nouvelle vague est encore plus éprouvante que celle d'il y a quelques jours. De jour en jour, l'épaisseur s'accentue, recouvrant l'horizon d'un blanc monochrome. Actuellement, des alertes aux avalanches ont même été émises, ajoutant un poids supplémentaire à une situation déjà critique. Devant ce paysage, une anxiété indescriptible m'envahit.
Pour une utilisatrice de fauteuil roulant comme moi, une telle quantité de neige n'est pas qu'un simple « inconvénient », c'est une réalité brutale. Face aux pentes enneigées et aux murs de neige qui se dressent les uns après les autres, je ressens cruellement mon impuissance devant la force de la nature. Même après avoir dégagé un passage, la neige s'accumule de nouveau quelques heures plus tard, rendant toute progression impossible. Dans cette répétition épuisante, le moral finit par flancher et je sens le froid s'insinuer jusqu'au plus profond de mon être.
Il fut un temps où le spectacle de la neige m'enchantait. Aujourd'hui, c'est l'incertitude qui l'emporte : combien de temps ce manteau blanc va-t-il encore durer ? Les forêts et les collines à perte de vue se teintent de gris selon la lumière, me donnant l'impression d'être abandonnée dans un monde qui a perdu ses couleurs. Ce paysage, qui devrait être magnifique, ne fait que souligner ma solitude et mon angoisse.
Aujourd'hui encore, il ne me reste qu'à attendre silencieusement que la tempête se calme. J'espère sincèrement que vous êtes tous en sécurité.