'Matin de gel' par Kawase Hasui
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'Matin de gel' par Kawase Hasui

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‘Izu Nagaoka kiri no asa’ (Matin de gel en Nagaoka, Izu)

par Kawase Hasui (1883-1957)

Gravure & Impression sérigraphique

publié par Watanabe Shozaburo, 1939

27.3 x 40cm

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Il neige. il neige quelque part dans le Nippon d'antan.

Les grands flocons blancs descendent d’un ciel terne, gris-bleu foncé. Une couche épaisse couvre le paysage endormi. La lumière s’est effacée par un brume givrante, qui estompe le scène et le rend plat. La brouillard obscur l’arrière-plan des collines où les silhouettes des grands arbres surgissent comme la présence des vagues ancêtres. Une introversion cache tous.

Le premier plan est dominé par un très grand sapin. Ancien, il a déjà vu plusieurs des hivers. La neige sur ses branches les faites inclinés vers la terre, et il y a des espaces importants entre eux au travers desquels on voit le ciel foncé. Le poids d’une couche épaisse peut facilement casser les branches d’un sapin. La neige sur les branches les fait ressembler des nuages blancs qui flottent dans un ciel foncé. On dirait les ‘arbres nuages’ style ‘niwaki’, qui sont taillés par leur résistance aux hivers hostiles. Mais il lui aura fallu du temps avant qu'il ne devienne aussi pendu que celui que l'on pouvait voir jadis.

Comme tous les anciens survivants, le vieux arbre a des courbatures et des blessures qui marquent sa caractère. Pourtant, il domine toujours le paysage. Bien vertical, sa grande taille rend petites les quatre personnes en dessus qui se promènent sur la route.

Sur cette route, il y a une couverture fraîche de neige blanche, révélatrice car les traces qui sont normalement invisibles, deviennent visibles. Le plus part des traces de piétinements sont au milieu de la route, en suivant la même perspective d’un façon très ordonné. La direction principale a été traversée un seul fois par une seule autre personne, maintenant absente, qui s’est dirigée directement à l’autre rive.

Ce paysage enneigé de Hasui ne ressemble pas aux paysages enneigés de Brueghel, où le neige vierge est brisé par une affluence folle des personnages qui courent en toutes les directions. Les pas disent tous sur leurs secrets. Ils ne se diversifient guerre. Il manque la joie d’exploration, la bourdonnement des enfants qui jouent dans le neige.

Pourquoi la petite fille ne court pas partout dans la neige? Pourquoi elle ne laisse pas ses traces joyeuses comme un testament à ‘L’enfance de l’art’ ? Non, elle tient sagement la main de la femme. Néanmoins, il y a des traces de neige sur son manteau rouge.

Cette fille et les deux femmes qui l’accompagnent, sont habillées dans des vêtements traditionnels: les kimonos et leurs parapluies. Elles font gaiement les seuls éclats de couleurs vifs dans ce scène grisâtre.

La route mène vers un portail au loin, à la fin de la route. Elles marchent vers lui. Avant eux, à une distance respectueuse, le seul autre figure se dirige envers la même direction. Lui aussi porte un parapluie mais pas les robes colorées, et semble perdu dans ses pensées introspectives.

Ce matin au gel, il fait presque noir. Nous ne pouvons pas voir ce qui s’est cache derrière la portail dans la lointaine... C’est un vide blanc, une lacune en notre connaissance car il n’y a pas des détails, ni des autres indices dans l’image. Ça pourrait être un forêt ou un parc, mais qui sait ? Si l'on ignore leur but, l'on ignore aussi la raison pour laquelle ils se baladent au matin de gel.

Les flocons continuent à descendre tout le temps, et en ce moment où il neige, figés pour toujours.

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